Affichage des articles dont le libellé est interviews d'auteurs. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est interviews d'auteurs. Afficher tous les articles

 

Rencontre avec Joann Sfar et Mathieu Sapin

Interview en public à la salle des concerts, Le Mans, 16 octobre 2020

Autour de La Chanson de Renart, Le Chat du rabbin et Comédie française

Organisée par la Librairie Bulle

Animée par Agnès Deyzieux

 Vous trouverez ci dessous les questions de l'interview.

Pour chaque question/réponse, un timecode vous est précisé. 

Ici, la bande son.  

 


Agnès : Joann Sfar er Mathieu Sapin, vous avez de nombreux points communs. Vous avez à peu près le même âge, vous faites partie de cette génération d'auteurs qui a participé au renouveau de la bande dessinée dans les années 90. Vous avez écrit aussi bien pour un public jeunesse qu'adulte, vous avez touché au cinéma l'un et l'autre, bref, vous avez un beau parcours reconnu, avec un public fidèle. Vous semblez vous apprécier depuis longtemps, vous avez collaboré sur plusieurs projets (autour du tournage de Gainsbourg, avec la série Sardine de l'espace, Le Ministère secret en route chez Dupuis). Quelles sont les qualités professionnelles et/ou humaines que vous voyez l’un chez l’autre ?

 Joan : On est un petit gang avec Christophe Blain, Riad Sattouf, Lewis Trondheim, David B.,  enfin, il y a toute une bande comme ça et on se croise depuis 30 ans. Je crois qu'on peut annoncer que Matthieu et moi, sommes intimes et finalement, on a peu fait de livres ensemble…Mathieu m'a succédé -parce qu'on dit toujours : « Pourquoi tu as arrêté de dessiner Sardine de l'espace ?" Parce que j'en avais fait plus de 500 pages : j'en pouvais plus ! Ça veut pas dire que ce n'est pas bien, c'est juste qu'au bout de 500 pages, j'en peux plus- et comme c'était un personnage qui était né dans l'atelier, c'était super qu'un dessinateur de l'atelier s'en empare, mais ce n'était pas vraiment une collaboration, Mathieu m'a succédé…

-Mathieu : Et en plus, c'est Emmanuel qui avait fait le…

-Joan : C'est Emmanuel Guibert qui avait dessiné tout seul entre-temps pendant un moment. En fait, on partage le même atelier depuis 30 ans et on n'avait jamais rebossé ensemble depuis Je Bouquine et là où c'était lui qui écrivait et moi qui dessinait. À présent, commence une nouvelle série pour Dupuis où c'est moi qui écrit et lui qui dessine ! Après, les qualités de Mathieu, elles sautent aux yeux : c'est un dessinateur intelligent, cultivé qui regarde le monde, qui fait non seulement du dessin d'après nature mais de l'écriture d'après nature ! La question se pose beaucoup en ce moment de savoir s'il est journaliste ou s'il est écrivain. Moi, j'ai le sentiment surtout qu'il questionne toutes ces pratiques-là. Il arrive avec des bandes dessinées, il arrive avec quelque chose, on peut le tourner comme on veut mais c'est nouveau, c'est une nouvelle manière d'appréhender la marche du monde et je crois qu'en lisant les ouvrages de Matthieu, nos camarades journalistes se remettent en question, nos camarades romanciers se remettent en question. La notion de fiction est un petit peu battue en brèche parce qu'on a, en ce moment, soit des romanciers imbéciles qui disent "la fiction n'est plus possible" parce qu'ils ne sont pas capables de raconter autre chose que leurs problèmes de couple ou les traumatismes qu'ils ont subis, et on a, de l'autre côté, des gens qui sont un peu coupés, qui … Mathieu, il raconte des histoires truculentes, bizarres, romanesques, dans lesquelles il se met en scène, dans lesquelles il raconte le réel, et pour autant, oui, ça reste du roman… Donc voilà, je trouve qu'il interroge tous ces genres-là avec une humilité que je n'ai pas parce que lui, il se tient !

-Agnès : Matthieu, prenez le micro ne vous laissez pas faire !

-Mathieu : Oui parce qu'après on ne l'arrête pas !

-Agnès : Coupez-le !

-Mathieu : C'est amusant, je me rappelle, Joan parlait de l'atelier... L'atelier qu'on a partagé était une initiative de Joan. Alors nous, on s'était rencontrés sur une collaboration pour une commande pour la presse. Et puis, voilà on s'était recroisés deux ou trois fois. C'était quand même très rapide et, un beau jour, j'essayais vaguement de commencer à faire de la bande dessinée mais je faisais surtout de l'illustration de commande. Un beau jour, Joan  m'appelle –je n'ai pas de nouvelles de lui depuis très longtemps- et il me dit : "écoute, là je suis avec un copain et puis j'avais envie de recréer un atelier parce que là, j'ai travaillé chez moi pendant 50 ans et puis, je m'emmerde un peu. Est-ce que ça te dirait de faire un atelier ?" Donc je dis : "bah ouais… "et "ben écoute, je suis avec un copain donc on est dans un café, tu n'as qu'à nous rejoindre" Donc, je suis venu : j'ai sauté dans le métro, c'était à Paris. Et puis, je les ai rejoints dans le quartier de l'Odéon et donc, il m'a présenté à un jeune type que je ne connaissais pas du tout qui était Riad Sattouf et puis, c'est parti comme ça … et ah oui ! Je me rappelle aussi Joan  m'a dit : ''non, parce que tu as l'air sympa et tu n’as l'air pas chiant… donc, c'est une qualité importante'' !

-Agnès : voilà une belle qualité !

-Mathieu : Donc, on a créé un atelier et voilà ! Et Christophe Blain nous a rejoints tout de suite. Après, je me rendais pas compte qu'en prenant le métro, ma vie allait changer parce qu'à cette époque-là, moi j'espérais faire de la BD mais je galérais quand même pas mal pour me faire éditer et puis, je me posais plein de questions. Et du moment où je me suis retrouvé parce qu'il faut préciser qu'à ce moment-là quand Joan  m'appelle, il est déjà très, très connu et reconnu, il est déjà connu pour Donjon, et le tome 1 du Chat du Rabbin qui est sorti… il commençait à devenir un… c'était le début d'un phénomène. Je crois que le premier tirage du Chat ça doit être, je ne sais pas, 5000 exemplaires, c'est ça ?

-Joan : Le Chat, c'est un best-seller contrarié, c'est-à-dire que pendant plus d'un an, ils en ont réimprimé 5000 tous les 10 jours. C'est une prudence assez enthousiasmante parce qu’on ne sait pas quand ça va s’arrêter

-Mathieu : on ne prend pas trop de risques ! L'éditeur n'est pas loin, il pourra confirmer. Et bref, donc Joan  était déjà très connu, il avait collaboré avec plein de revues, etc. Donc, pour moi, c'était aussi une motivation énorme et c'est vrai que de travailler en atelier avec Joan  notamment, mais aussi avec les deux autres c'est extrêmement stimulant, extrêmement stimulant et moi ça m'a donné une accélération énorme !


LA CHANSON DE RENART


Bande son 5'13 (pour écouter la réponse)

Dans la postface de La Chanson de Renart, vous dites "Il n'y aurait pas eu le chat du rabbin s'il n'y avait pas eu Renart, Je l'ai en tête depuis toujours". Qu'y a t-il de si inspirant dans ce personnage mythique de Renart ? Qu’est ce que le fait de mettre en scène des animaux comme le Chat et Renart vous apporte en termes de liberté de narration ou d’inspiration ?


Bande son 8'48
La Chanson de Renart : c'est un titre qu'on comprend mieux en lisant votre postface où vous nous précisez que votre récit serait un croisement entre la Chanson de Roland et le Roman de Renard, entre l'épique et la comédie. Ce qui explique que votre Renart se retrouve affublé d'une épée de chevalier. Et qu'il va effectivement s'en servir !! il a en main les cartes symboles du tricheur mais il a aussi le pied sur un tas d'os, qui symbolise le monde de la mort et du surnaturel. Vous n'avez jamais eu peur d'entremêler des genres qui a priori ne se rencontrent pas. D'où vous vient cette liberté et cette facilité de naviguer au sein des genres ?

Bande son 11’20

Vous mettez en scène deux personnages cocasses, Boron et Blaise, deux chiens pélerins de St jacques qui financent leur voyage en contant la geste de renard dans les villages qu'ils traversent : Blaise conte la geste de Renard, tandis que Boron est dans le rôle du moine copiste, il recopie les histoires. Blaise n'hésite pas à s'adapter à son auditoire qui connaît trop bien les histoires de Renart et qui en exige de nouvelles : avec de la magie, du diable, des dragons, des anges et des âmes errantes. Ni une ni deux, notre chien va servir à son public ce qu'il demande. Est ce que vous pensez comme Blaise, que l'artiste doit être prêt à vendre son âme pour que le public aime ses histoires ?

Bande son 13’30

Ce nom de Boron est probablement un hommage à Robert de Boron, écrivain français du 12ème siècle, qui a introduit dans la légende arthurienne le personnage de Merlin. Et ce fameux Merlin, nous allons le croiser ici dans les enfers où a été précipité Renart. Sa femme s'avère être Marie de France, elle aussi écrivaine du 12ème siècle. Bien que vous ne vous adressez pas particulièrement à un public érudit puisque cet album est aussi destiné pour les enfants, vous aimez donner une consistance à vos personnages, les inscrire dans une filiation littéraire. Pourquoi ? 

Bande son 15’10

Renart se retrouve précipité aux enfers. Et là, on assiste à un diner particulièrement mouvementé : il y a le Diable et la Mort, sa compagne, le couple Merlin et Marie, une petite fille nommée Guynesse et son chat patate céleste qui complètent le tableau. Tout ce petit monde se dispute et il en résulte un projet abominable visant à détruire la terre grâce à des armées de morts vivants On retrouve des thèmes chers à votre univers : familles conflictuelles, enfants transgressifs, femmes émancipées, l'univers du Moyen Age, de la magie, des morts vivants, tout cela fait écho à vos séries, Petit vampire, Merlin comme au chat du rabbin ou à Donjon. Est ce que vos personnages ou vos obsessions reviennent malgré vous ou tout cela fait partie d'une cohérence que vous souhaitez avoir dans votre création ? 

Bande son 19’15

Renart aura cette mission difficile que vous résumez bien : le plus grand menteur du monde doit prévenir le monde d'un désastre éminent. Non seulement le prévenir mais encore le sauver non par héroïsme mais par pragmatisme. Il sera aidé par Ysengrin, l'éternel compagnon ou faire valoir de Renard est dans le récit plutôt sympathique. Vos personnages ne sont pas moraux mais sont souvent transgressifs par rapport aux normes sociales. Mais comme dit Blaise à la fin de l'album ; je n'ai jamais dit que mes personnages étaient des exemples à suivre. En ce sens vous renouez avec le Roman de Renart des origines qui a été écrit non pour éduquer mais plutôt pour se moquer ? Comment considérez-vous votre chanson de renard ?

Bande son 21’20

Mathieu, votre avis sur la Chanson de Renart ? 

 

LE CHAT DU RABBIN, 10



Bande son 22’07
Joann, vous débutez très fort avec cette couverture : un titre qui sonne comme une odieuse sommation et cette image de Zlabya devenue grand-mère ! Après avoir été une jeune femme séduisante et une petite fille intrépide, là voilà  une femme devenue âgée dans les dernières pages de l’album. Pourquoi avoir choisi cette image un peu choc ?

Bande son  26’06

Cet album, c’est le récit d’une épopée familiale, qui débute sur une plage d’Alger où toute la tribu se fait insulter par un abruti qui crie « sales juifs, rentrez chez vous ! ». Cette injonction détermine Jules, le mari de Zlabya à partir en Israël. Mais tout le monde n’est pas convaincu que de partir est une solution. Au cours d’un repas mouvementé, trois personnages vont  raconter leurs expériences du voyage en Israël. Qui sont-ils ? Pourquoi avoir choisi ceux là ?


Bande son 28’13

Il y a beaucoup d’humour dans cet épisode du rabbin du rabbin alors qu'il est enfant est à la fois très drôle et très instructif. Il y a d'abord sa mère qui ne sait plus comment se comporter avec les autres depuis qu'elle est devenue française par la grâce du décret Crémieux de 1870 et puis, il y a ce voyage à Jérusalem où tout jeune, il accompagne une chrétienne exaltée qui finira par l'abandonner. Il y a un humour décapant qui tient de la satire et de la caricature, de l'absurdité des situations, de l'accentuation des lieux communs. Tout le monde est tourné en dérision, la famille de Zlabya comme les autres. Comment travaillez-vous ces textes où dialogues et voix off se superposent de façon souvent ironique avec l'image ?

On part pour un voyage dans le temps de 1870 à 1970 mais aussi dans des lieux divers d’Alger à Nice en passant par Jérusalem. Chaque page apporte un lot d'événements incroyables, ou d'idées à méditer. Comment parvenez-vous à raconter autant de choses, à les concentrer, à les organiser ? Passez-vous beaucoup de temps à votre storyboard ?

Bande son 30'40

Dans le récit de Zlabya en Israël, il y aura un violoniste qui ne joue plus du violon et un chien qui brille par sa bêtise et sa fidélité face au chat toujours aussi perfide et lucide. On découvre une Zlabya pas aussi libre et émancipée qu'on le souhaiterait, elle rêve d'amour et n'adhère pas à l'expérience du kibboutz. On la sent tiraillée entre des envies d’émancipation et la réalité qui la ramène à son rôle de femme attendue à cette époque. Comment la voyez-vous Zlabya ?

Bande son 32'50

A travers ces voix différentes, parfois émouvantes souvent drôles, se raconte tout une partie de l’histoire de cette famille juive, soumise aux aléas de L’Histoire. Il y a un aspect assez pédagogique dans cette évocation car chacun de leurs parcours rappellent des épisodes peu glorieux de l’histoire de France d’Angleterre comme les conséquences désastreuses du décret Crémieux ou la déclaration Balfour. Vous aviez envie d'insister sur ce contexte?


Bande son  34'57

La famille va finir par y aller en Israêl en 1973, Jules aimerait bien y rester même sil se fait désormais traiter là-bas non plus de « sale juif », mais de « sale arabe », mais Zlabya va finir par le convaincre de revenir à Nice. Si Zlabya s’inspire de votre grand-mère, est-ce que son petit-fils ici nommé Alleluia serait un peu vous-même ?


Bande son 36'

Mathieu Sapin évoque la façon d'écrire de Joann Sfar pour leur prochain album en commun Le Ministère secret.


 COMEDIE FRANCAISE, voyages dans l'antichambre du pouvoir



Bande son 37'50

Mathieu Sapin, sur la quarantaine d’albums à votre actif, plusieurs sont consacrés au reportage (sur le tournage du film de Joan Sfar, Gainsbourg, au journal Libération) en particulier politique. Vous avez suivi François Hollande dans sa campagne présidentielle puis ensuite lorsqu’il était à l’Élysée. Et après «Cinq années dans les pattes de Depardieu », vous voilà de retour dans l’antichambre du pouvoir.

Pourtant, au début de l'album, vous racontez que vous n'aviez pas très envie d'y retourner, dans cette arène qui parait glissante. Pouvez- vous dire en quelques mots comment vous vous êtes retrouvés de nouveau dans ce projet d'observation du monde politique ?

Bande son  43'14

Vous choisissez de débuter votre album par un prologue consacré à votre première rencontre avec E. Macron, dans le cadre du débat télévisé de l’entre deux tours avec Marine Le Pen. Pourquoi avoir choisi ce moment particulier, où il semble que vous tombez sous le charme de Macron ? 

Bande son  44'54

Le grand intérêt de ce récit, c'est qu'il va entremêler votre propre parcours avec celui de Jean Racine, grand écrivain de tragédie mais aussi grand courtisan de Louis XIV. Comment cet attrait pour Racine est né ? Et quel était pour vous l'intérêt de le faire figurer de façon aussi importante dans votre récit ?

 


Bande son  48'44

J'ai particulièrement apprécié cette planche où on trouve plusieurs éléments caractéristiques de votre style avec un effet tableau et un effet récit. Pouvez-vous nous la commenter ?

 Bande son  52'24

Vous jonglez entre deux grandes périodes comprises entre 1663 et 1699 et 2017 et 2019, avec à l'intérieur d'autres ellipses. Est ce que ces allers-retours qui pourraient perdre un lecteur peu attentif ont été difficiles pour vous à gérer ?

Bande son  53'27

Vous jouez avec pas mal d'incartades anachroniques, puisque Racine reçoit des textos et regarde BFM TV. Cela passe assez bien alors qu'on aurait pu craindre l'inverse ! Vous n'avez pas eu peur d'utiliser ce procédé ? 


Bande son  54'41

Votre album est aussi une longue quête obstinée pour  décrocher une autorisation de reportage pour pouvoir suivre E. Macron et observer la mise en scène du pouvoir. Ce qui est assez drôle c'est qu'à chaque fois que vous allez atteindre ce but, un problème survient et vous devez recommencer vos démarches et changer de contact. Pour autant, vous parvenez à l'approcher par intermittence et vous nous racontez des scènes assez incroyables. Laquelle vous a paru la plus frôle ou incroyable à vivre ?

Bande son  56'50

Vous vous autoreprésentez toujours comme un petit personnage maladroit, impressionnable, vomissant misérablement deux fois dans l'avion présidentiel. Est ce que c'est un procédé un peu incontournable de la bande dessinée de reportage ou c'est ainsi que vous vous voyez ?

Bande son  58'06  Joan Sfar intervient sur ce sujet de l'autoreprésentation 

Bande son 1'00'23

Le choix du titre la comédie française nous renvoie bien sur encore au théâtre, celui du pouvoir mais aussi  au lieu de la comédie française crée par louis XIV. À la fin, dans les remerciements, vous dites mes regrets à Lewis Trondheim pour ne pas avoir conservé son idée de titre. Vous voulez bien nous la dire cette idée ?

 Questions du public

-Supermurgeman au cinéma ?  Bande son 1'02

-Joan Sfar, avez-vous trouvé des réponses à votre mysticisme ? Bande son 1'03

 

 

 

Les Indes Fourbes, rencontre avec Alain Ayroles et Juanjo Guarnido

Rencontre publique autour de l'album Les Indes Fourbes, 
organisée par la Librairie Bulle, Le Mans, le 06/09/2019
au Musée de Tessé
animée par Agnès Deyzieux, retransmise en direct par LMTV

Résultat de recherche d'images pour "couverture les indes fourbes"

Voici les questions qui ont été posées aux invités, Alain Ayroles et Juanjo Guarnido. 

Pour voir et écouter l'émission télé, cliquer  ici


En guise d'introduction, pour vous présenter, un petit mot sur vos parcours respectifs.
-Alain Ayroles, vous vous êtes fait connaitre avec deux séries qui ont marqué le monde de la bande dessinée : Garulfo, un conte de fées humoristique et De Capes et Ce Crocs, une comédie de cape et d'épée marquée par la littérature du 17ème. La parodie,  le détournement, le pastiche sont des pratiques que vous affectionnez. Qu'est-ce qui vous séduit tant dans cet art du détournement et de la référence littéraire que nous allons retrouver avec ce nouvel album ?
-Juanjo Guarnido, vous avez réalisé la célèbre série Blacksad scénarisée par Juan Diaz Canales qui connait depuis plusieurs années un grand succès. Vous avez également réalisé des séries d'animation, puisque vous avez œuvré au sein du studio Disney de Montreuil. Est-ce que le fait d'avoir été animateur de séries dessinées apporte quelque chose de particulier à votre dessin en bande dessinée, dans la dynamique du trait ou dans l’expressivité des personnages ?

-Quelles sont les qualités que vous appréciez l'un chez l'autre, qui vous ont donné envie de réaliser cet album ensemble ?
Résultat de recherche d'images pour "couverture les indes fourbes"

-Les Indes fourbes est un récit truculent qui met en scène Pablos, un personnage crée il y a 400 ans par Francisco de Quevedo dans El Buscon. Comment l'envie vous est venue d'imaginer une suite à ce roman picaresque et de redonner vie à ce Pablos ? Est-ce plutôt de votre fait, Juanjo Guarnido, en tant qu'espagnol attaché à son patrimoine littéraire ou du vôtre, Alain Ayroles, en tant qu’amoureux de la littérature du 17ème ?

-Pablos est un gueux qui est prêt à tout pour se hisser dans la société de son époque, l'Espagne du 17ème siècle, pays qu'il va quitter pour  tenter sa chance en Amérique latine, ce nouveau monde qui symbolise l'eldorado et que l’on nomme encore les Indes. Il n’hésite pas à faire ce qu’il faut pour survivre : c'est à dire mentir, tricher, voler, escroquer, mendier, prostituer, dénoncer, bref abuser de tout le monde... Pourtant, c'est un personnage très attachant, peut-être parce qu'il a beaucoup souffert et qu'il continue d'essuyer bien des échecs… Juanjo Guarnido, est- ce compliqué de créer le visage de quelqu'un qui doit être à la fois attachant et repoussant ? Comment avez-vous composé son portrait ?
Résultat de recherche d'images pour "couverture les indes fourbes"
-Alain Ayroles, vous avez donné un trait de personnalité particulier à Pablos : il est un acteur de théâtre né, il sait divertir par des pantomimes tous les publics, ce qui le sauve bien des fois. Il rappelle aussi bien le Scaramouche de la comedia dell'arte que Scapin, le valet de Molière. Est-ce vous qui avez joué sur cette dimension de théâtre du personnage ou était-elle déjà chez Quevedo ?

-Il y a des références très marquées à la peinture dans les premières pages de l’album mais visibles dès la couverture. Qu'est-ce qui a motivé ce portrait à la peinture à l’huile à la manière de Velasquez ou de Rubens, où Pablos pose avec un petit sourire malicieux qui contraste avec son apparence quasi princière ?
Résultat de recherche d'images pour "couverture les indes fourbes"

-J'ai beaucoup apprécié les premières pages qui nous introduisent à la cour d'Espagne au moment même où Velasquez est en train de peindre le couple royal et qui fait référence au fameux tableau des Ménines que vous vous amusez en quelque sorte à animer. Qu'est ce qui vous a donné envie de débuter par la mise en scène de ce célèbre tableau ?
Résultat de recherche d'images pour "couverture les indes fourbes"
-C'est aussi une scène assez troublante pour le lecteur. On cherche en vain le narrateur que l'on l'entend parler mais qu'on ne voit pas. Est-ce une façon de prévenir le lecteur que vous allez jouer avec lui et qu'il va falloir qu'il se montre attentif ?
-Alain Ayroles. Le scénario des Inde fourbes regorge de rebondissements et de fausses pistes, de dialogues savoureux, de références artistiques. Comment avez-vous élaboré ce scénario ? Vous êtes vous particulièrement imprégné du style ou du ton de Quevedo ? Et ensuite, avez-vous écrit ce scénario d'un seul coup ou par petits bouts qui ont grossi ?

Résultat de recherche d'images pour "couverture les indes fourbes"

-Comment s'est déroulée votre collaboration ?

-Dans le chapitre un, tout est raconté par Pablos, comme dans le roman de Quevedo qui est à la première personne mais dans les deux autres chapitres de l'album, d'autres personnages vont prendre la parole. Et on s'aperçoit que si Pablos ment souvent, tout le monde, quelque soit sa condition, est aussi fourbe que lui. Le mensonge est donc vraiment au cœur du récit, ce qui va créer bien des fausses pistes et de faux semblants, chacun racontant les mêmes faits selon son propre point de vue. Comment vous est venue l'idée de donner la parole à d'autres personnages dans les deux autres chapitres, vous démarquant ainsi du roman de Quevedo ? Est-ce une façon de montrer que Pablos n'est pas pire que les autres ? Et comment avez vous réussi à ne pas vous perdre dans tous ces récits à tiroirs ?
Résultat de recherche d'images pour "couverture les indes fourbes"
-Le récit fourmille de petites allusions ou références qui vont de Cervantès à Hergé, en passant par la Controverse de Valladolid ou Aguirre et la colère de Dieu, c'est assez jubilatoire pour le lecteur ! Il y a aussi un humour très cartoon, un humour de situation ou de running gag (je pense à l'aversion des chiens, des chevaux et des lamas pour Pablos). Ce qui est assez fascinant, c'est que l'humour peut venir aussi bien des évènements comme des réparties des personnages mais aussi du dessin, en particulier dans les expressions des corps et des visages. Les personnages ont des trognes pas possibles, en particulier les notables de Cuzco.
Juanjo Guarnido, comment avez vous travaillé ces personnages graphiquement ? Où avez vous puisé votre inspiration?
Alain : comment un scénariste travaille-t- il cet aspect humoristique ?
Résultat de recherche d'images pour "couverture les indes fourbes"

-Juanjo Guarnido, vous avez un dessin très réaliste et travaillé au niveau des décors, des costumes, et en même temps il y a un côté très spontané et dynamique dans le jeu et les expressions des personnages. Avez-vous particulièrement travaillé cet aspect cartoon des personnages ?

-Alain Ayroles, il y a beaucoup de jeux entre les images et textes et le lecteur comprend qu'il y a souvent des distorsions entre ce qui est raconté et montré, ce qui va être source d'humour et permettre aussi au récit de se régénérer. Des images vont revenir au cours du récit, se faire écho et prendre des sens différents. Comment avez vous conçu ce montage si subtil ? Est ce très pensé au départ ou les idées viennent elles en cours de réalisation ?  
Résultat de recherche d'images pour "couverture les indes fourbes"



-Juanjo Guarnido, il y a un grand passage spectaculaire d'une douzaine de pages entièrement muettes, dans la jungle amazonienne, d'où se dégage un beau souffle épique. Est-ce que ce passage vous a donné beaucoup de plaisir ou plutôt beaucoup de travail ?
Résultat de recherche d'images pour "couverture les indes fourbes"
-Juanjo Guarnido, il y a un travail de dessin époustouflant au niveau des paysages comme au niveau des décors, que l’on soit dans des appartements cossus ou dans des villages sauvages, au niveau des costumes également... Quelle est l'importance de la documentation dans un travail pareil ?
Résultat de recherche d'images pour "couverture les indes fourbes"

-Les couleurs sont très variées et immersives pour le lecteur et ont aussi un rôle narratif dans les séquences en flash back. La mise en couleurs demande quelles qualités selon vous  : de la précision, de la patience, la connaissance des rapports de couleurs ? Vu l’ampleur de l’album, vous êtes-vous fait seconder ou aider pour cette mise en couleurs ?

-Juanjo Guarnido, on dit que vous avez passé plus de trois ans à travailler sur le dessin de cet album. Comment vit-on cette expérience, comme une épreuve ou un plaisir ?

-Alain Ayroles, vous suggérez à la fin que, seul, le portraitiste Velasquez est capable de percevoir la réalité alors que les autres personnages restent dans l'illusion. Est-ce une façon de dire au lecteur que la vérité ne reste accessible qu'à l'artiste qui finalement garde le secret et joue à duper tout le monde ? Et qu'au final l'art comme la vie n'est qu'une illusion ?

-Les Indes Fourbes, c'est un album hors norme tant par ces qualités scénaristique et graphiques que par format, sa pagination, la qualité éditoriale de l'album, le nombre de tirages annoncés, 120 000 exemplaires. Vous vous êtes beaucoup investi manifestement mais il semble que votre éditeur aussi, éditeur qu’on n’a pas encore nommé et qui est donc Delcourt. C’est une marque de confiance importante que vous fait là l’éditeur ?

-Quels sont vos projets ?


Résultat de recherche d'images pour "alain ayroles et guarnido"





Un grand merci au Musée de Tessé pour son accueil et sa mise en scène originale des planches de Juanjo Guarnido au sein de ses collections de peinture.
Un grand merci également aux auteurs pour leur gentillesse et leur disponibilité ainsi qu'à toute l'équipe Delcourt.

Samuel Chauveau, de la librairie Bulle, travaille depuis un an avec l’éditeur pour accueillir les deux auteurs des « Indes Fourbes ».
Samuel Chauveau de la Librairie Bulle au Musée de Tessé



Rencontre avec Enki Bilal



Autour de Bug
Interview en public au théâtre de l’Espal, Le Mans, 26 avril 2019
Organisée par la Librairie Bulle
Animée par Agnès Deyzieux


Vous trouverez ci dessous les questions de l'interview. Pour chaque question, un timecode vous est précisé. 
Ici, la bande son.  
La bande son est de piètre qualité durant la première minute. A partir de 1’27,  le son est très bon !! 


Bande son seconde 15
1. Lorsque vous avez commencé à travailler sur Bug, aviez-vous une idée assez précise de ce récit, écrit un story-board complet avec une fin possible ou vous êtes-vous accordé une certaine liberté d'évolution au cours du récit ?


Bande son minute 2
2. Avez-vous réfléchi à un format précis, à une tomaison particulière ?




Bande son minute 3
3. Y a-t-il des références ou des clins d'oeil dans le nom de Cameron Obb ? Je pensais à James Cameron, réalisateur entre autre d’Alien, le retour et d'Avatar ? Et Obb m'a fait penser également au terme Hub, utilisé en informatique pour designer un point de connexion central, qui regroupe des flux en vue de leur redistribution, ce qui définirait assez bien le rôle de ce personnage ?


Bande son minute 3’20
4. On retrouve au début du tome 2, Cameron et Junia qu'on avait quitté à la fin du tome 1, s’envolant vers un avenir incertain. Ils sont tous deux porteurs d’une tâche bleue, une tâche qui s'est développée sur le visage de Cameron depuis qu'un alien s'est infiltré en lui. Le bleu est une couleur omniprésente dans votre travail, avec des symboliques diverses. Ici, on peut se demander si cette tâche est le signe d'une malédiction (un peu comme la tache bleue du dictateur ds Tykho Moon). Ou d'une maladie contagieuse car Junia développe elle aussi cette tache au contact de Cameron ou alors d'un don comme le laisse supposer la suite. Cette tâche, vous l'avez conçue au départ comme un simple signe distinctif qui marque Cameron ou déjà comme un symbole d'espoir ?


 Bande son- minute 5
5. Vous accordez à Cameron et à Gemma, sa fille, une voix plus intime puisqu'ils livrent leurs pensées intérieures comme dans une narration de type journal intime. Pourquoi avoir voulu qu'ils s'adressent ainsi directement au lecteur ?
Bande son- minute 6’38

6. Pour vous Bug, c'est un récit de science fiction ou c’est plutôt une fable de prospection d’un futur proche ? En montrant cette société qui s'effondre, est ce que vous cherchez à avertir le lecteur ?


Bande son- minute 7’57
7. Si certaines scènes dans le tome 1 présentaient les dommages de ce bug (avions écrasés, suicides de jeunes désespérés, ascenseurs bloqués), le tome 2 nous offre quelques bons moments de comédie. On sent que vous vous êtes amusé à mettre en scène des situations grotesques comme le mariage en lévitation de la star italienne ou un personnage comme le vieux Corse, Bunifaciu, le seul apte à conduire malgré ses 97 ans ! Les personnes âgées comme les techniques dépassées sont valorisées, ce qui va à contre courant des courants actuels et qui est donc assez jubilatoire pour le lecteur. Pour vous ces tranches d'humour étaient nécessaires à ce récit ?




Bande son- minute 9
8. J'avoue que les journaux dès le tome 1 m'ont particulièrement réjouie. Leur orthographe défaillante bien sûr, leurs prédictions farfelues mais surtout aussi leur côté graphiquement laid ! Pour vous, la perte de l’orthographe s’accompagne nécessairement d'un appauvrissement esthétique ?
Bande son- minute 10’46
9. Cameron, l'ultime disque dur de la planète, celui qui concentre toutes les informations numériques est détenteur d'un trésor convoité par tous. Il va être donc pourchassé par toutes sortes d'organisations criminelles comme étatiques. D'une certaine façon, le récit bascule dans le polar, plutôt humoristique avec le passage de la mafia italienne et corse qui a enlevé Gemma. Peut-on penser que le polar s’installe dans la suite du récit et de façon plus sombre ?
 
Bande son- minute 12’54
10. Pour vous, qui êtes né dans un pays communiste et qui en avez vu la chute, la reconstruction du monde passerait forcément par d’anciennes idéologies ?
Bande son- minute 13’05
11. Vous citez La Maison éternelle de l'historien Yuri Slezkine paru en 2017, qui décrit la maison du Gouvernement, un immense bâtiment édifié à Moscou au début des années 30 qui regroupait l'élite soviétique. Pourquoi citer ce livre là ?


Bande son- minute 13’54
12. Dans ce monde effondré, des personnages féminins qui vont diriger l'avenir semblent émerger. Les présidents russe et américain ayant du démissionner pour implants défectueux, ce sont des femmes -garanties sans implants-qui risquent de leur succéder. Est-ce que pour vous, les femmes au pouvoir, c'est une conviction personnelle ou une évolution  inéluctable ? Et pensez-vous qu'elles ont plus de chance de réussir que leurs prédécesseurs masculins ?
 
Bande son- minute 15’09
13. Amin est un personnage qui joue un rôle assez important dans ces deux volumes. Il représente l'homme augmenté, le corps bourré d'implants et de nano technologies. Mais il semble que son esprit soit bien plus dérangé que son corps. Ce personnage qui dégénère à toute vitesse, vous l'avez crée pour son coté psychopathe et terrifiant ou parce qu'il incarne l'homme soit disant nouveau ?
Bande son- minute 16’29
14. On voyage beaucoup et très rapidement : on passe de la Corse à Gibraltar puis Paris en deux pages. On ira aussi à Barcelone, Tokyo, et Marseille avec de très belles pages sur Marseille où les calanques deviennent le lieu d'opérations militaires internationales. En fait, c'est amusant car ce ne sont pas des visions de villes futuristes mais bien des images du présent qu'on reconnait, revisitées à peine par la fiction. Comment avez-vous abordé la représentation de tous ces lieux ?

Bande son- minute 17’46
15. L'album s'ouvre et se ferme sur une tour Eiffel bien mal en point et sur un palais de l'Elysée au bord de l'effondrement, une façon d'annoncer la fin de l'ancien monde. Il semble que Notre Dame (p. 28) n'ait plus sa flèche sur cette image. Est-ce que vous avez génialement anticipé sa perte et le fait que manifestement, en 2041, les travaux de restauration ne seront pas finis ?

Bande son- minute 18’33
16. Les deux volumes de bug se déroulent pendant un laps de temps assez court. Environ 15 jours ou trois semaines s’écoulent avec des rythmes de narration qui sont très différents. Parfois, il y a beaucoup d'images pour raconter une séquence (comme les retrouvailles de Cameron et sa fille sur la plage corse), mais souvent, il y a des montages cut à l'intérieur même d'une planche qui cassent la continuité de lieu ou d'action et nous font brutalement aller d’un endroit à un autre. Pourquoi avoir choisi ces ruptures de rythme ?
Bande son- minute 20’16
17. Vous travaillez en couleurs directes. Est-ce à dire que la couleur est directement appliquée à la planche sans passer par un crayonné préparatoire ? Ou y a-t-il a un travail de dessin avant ?
 Bande son- minute 21’05
18. Est-ce que vous travaillez toujours case par case que vous remontez ensuite au sein de planches ? En quoi cette façon de procéder vous convient-elle ?

Bande son- minute 21’41
19. Une adaptation télévisée sous forme de série est en cours sur laquelle vous participez comme scénariste avec le romancier Dan Frank avec qui vous avez déjà collaboré. Est-ce que ce travail sur cette série interagit sur l'évolution du scénario de la bande dessinée ?
  
Bande son minute 23’36
20. Le premier volume de Bug est paru en novembre 2017. 17 mois après, le tome 2 est entre les mains des lecteurs. Vous êtes parti a priori sur un format en 5 volumes, c’est une aventure au long cours. Est-ce que vivre pendant 5 ou 6 ans avec Bug n’est pas trop anxiogène et chronophage ?

Bande son- minute 26’50
21. Vos fans attendent déjà le tome 3. Pouvez-vous nous communiquer une date ?

Questions du public

Bande son- minute 27’23
-Le format de votre album m’interpelle. Bilal, on le voit dans un format plus grand. Est-ce votre choix ici 
?
Bande son minute 29’12
-Un film pourrait-il être adapté de l’album ?

Bande son minute 30’54
-Avez-vous été surpris par le succès du volume 1 de Bug ?

Bande son minute 32’45
-Vous avez eu accès à la grotte de Lascaux. Je vous ai entendu sur une émission de radio en parler. Pouvez-vous nous en dire deux mots ?

Bande son minute 34’46
-Ne seriez-vous pas tenté de faire un album purement politique ? L’actualité politique française ne pourrait-elle pas vous intéresser ?

Bande son minute 39’52
-Vous accordez-vous la possibilité de changer la fin de Bug que vous avez déjà prévu ?

Bande son minute  41’
-Lors d’une rencontre au Mans avec Christin, celui-ci a déclaré : « J’ai arrêté de faire des albums avec Bilal parce qu’à chaque fois, ce qu’on imagine arrive ! » Vous vous continuez. Est-ce pour exorciser vos peurs ou cela va arriver ?

Bande son minute  48
-Est-ce important dans une carrière de rester chez le même éditeur ?

Bande son minute  50
-Comment allez-vous gérer la fin de la série alors qu’on ne connait pas la fin de la bande dessinée ?

Bande son minute  53
-Est-ce que vos livres n’ont pas une dimension d’alerte ? Je suis surprise que vous attaquiez les lanceurs d’alerte alors que je vous voyez plutôt de ce côté ci ?

Bande son minute  56
-Quelle serait pour vous la bande musicale la meilleure pour Bug ?

Bande son minute  59

-Pouvez-vous nous dire ce que vous préférez comme étape dans la réalisation graphique d'un album ?


Merci à Enki Bilal pour sa disponibilité, 
à toute l'équipe technique du Théâtre de l'Espal 
et à la librairie Bulle